La guerre de l’information contre Boko Haram

psychology

Depuis des millénaires l’information est considérée comme le nerf de la guerre. Du peuple Zoulou en Afrique à la Grèce en passant par l’Asie, tous ont vu dès les premiers conflits entre les hommes combien l’information était stratégique. En Irak durant la guerre du golfe, l’équipe de PSYOP ( psychological opérations) de l’armée américaine a pu amener  une partie des troupes Iraquiennes à déposer les armes sans combattre. Tout simplement en manipulant l’information dans un sens favorable aux troupes déployées sur le terrain. Les Irakiens pensaient avoir perdu la bataille avant même le début du combat, c’est ce qu’on appelle  de façon concrète :la guerre de l’information (Information Warfare) .Selon le Prof. Barton S. Whaley de la « Fletcher School of Law and Diplomacy » de l’université de Tufts ,la déception est un élément clé de surprise stratégique dans 82% des cas de conflits.Les pensées, les jugements, les émotions sont des éléments foncièrement influençables de la psychologie humaine et peuvent radicalement changer selon les vecteurs d’influence déployés. Boko Haram en tant qu’organisation criminelle  engagée dans un conflit asymétrique n’a plus que la terreur comme arme. A défaut de gagner la bataille par les armes, ils veulent vaincre les esprits du digne peuple camerounais. Peine perdu, la nation vaincra, la nation est une et indivisible face à cet ennemi dont la lâcheté, la barbarie et l’ignorance et la faiblesse sont mis à nus à jour après jour. Afin de redonner un soupçon de prétendue fierté à ses troupes Boko Haram participe activement à la diffusion d’images de corps de victimes, de kamikazes etc . L’idée étant de vendre une hypothétique gloire dans l’au-delà aux esprits faibles et manipulables qui se laissent entourer d’explosifs pour tuer leurs propres frères. Diffuser ces images de façon inappropriée, sans nous en rendre compte, c’est aider Boko Haram. La bataille se fait aussi, sinon d’abord, sur le terrain de la communication. La presse est certainement tiraillée entre devoir d’information et volonté d’informer à juste titre. Ceci dit, rappelons-nous les attentats de Charlie Hebdo en France. La presse anglo-saxonne n’a pas hésité l’espace d’un instant à censurer la une de Charlie Hebdo qui suscitai une forte polémique et attisait des tensions sociales. C’est aussi cela, je crois, le devoir d’un journaliste. Informer mais savoir censurer quand la dignité ou l’intérêt général dépasse la valeur de l’information. Soyez assurez que nulle part dans le monde, même dans les nations qui se targuent d’une démocratie bien des fois illusoire, l’information n’est encadrée, certes à des degrés variables.

Nous n’avons évidemment pas la science infuse ou les réponses à toutes les questions mais voici nos recommandations pour lutter contre Boko Haram sur le terrain de l’information :

  • Ne pas relayer les images des images de corps de victimes déchiquetés
  • Ne surtout pas relayer les images des kamikazes (ce sont des outils de propagande terroriste)
  • Relayer les images qui donnent un état des lieux ou un aperçu objectif de la situation
  • Recouper l’information à différents niveaux, auprès de différentes sources
  • Evaluer la crédibilité et la pertinence de la source de chaque information qui vous parvient
  • Transmettre aux forces de l’ordre toute information ou soupçon jugé utile
  • Signaler les comportements suspects dans votre environnement immédiat
  • Poster des messages de fierté, de détermination, de courage sur les réseaux sociaux
  • Utiliser le registre lexical autour de la victoire et non de la crainte (Stop Boko Haram, Vaincre, victoire, soldats,bloc,patrie,unité,fraternité,tolérance,compassion …)
  • Ne relayer que l’information de sources officielles ou reconnues crédibles (Forces de sécurité, presse privée, journalistes d’investigation, journaux officiels, communiqués officiels…)
  • Ne pas relayer de rumeur non avérée (Exple : Incarcération d’un étranger …)
  • Produire des articles de presse et des reportages valorisant nos troupes armées et leur travail sur le terrain.

Ce ne sont là que quelques pistes de réflexion, à chacun d’exploiter sa capacité de jugement pour trouver le juste milieu entre la nécessité d’informer et le devoir  de censure.

William Elong

 

 

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